Centre Culturel Tibétain Dzogchenpa
Prière

Les vœux de Bodhisattva

selon la tradition de la lignée ininterrompue de Patrul Rinpoché

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Nous commençons par la prise des vœux de Bodhisattva, fondement du chemin du grand véhicule. Nous devons nous rappeler les qualités des Trois Rares et Sublimes.

Je rends hommage à l’Omniscient, le Transcendant, le Conquérant accompli, le Tathagata qui a atteint l’ultime, l’Arhat qui a maîtrisé les ennemis, parachevé totalement la sagesse, et est digne de révérence.
 
Le Bouddha Bahagavat s’en est allé en la félicité. Il a une omniscience complète quant à notre monde, il guide et soumet les êtres ordinaires. Il est insurpassable, il est l’enseignant des dieux et des hommes.
 
Il est celui qui s’en est allé en la félicité, celui qui est en harmonie avec les causes de mérites. Il ne gaspille pas la source de la racine de la vertu. La patience est son ornement suprême.
 
Il est le fondement des termas que sont les mérites. Il est paré des marques mineures excellentes, et épanouit la fleur des marques majeures. Son domaine d’action est en harmonie avec l’époque.
 
Le voir ne crée pas de disharmonie. Il apporte une joie manifeste à ceux qui sont dotés de dévotion et d’aspiration. Sa sagesse est insurpassable. Sa force est invincible.
 
Il est l’instructeur de tous les êtres. Il est le père de tous les Bodhisattvas. Il est le roi de tous les êtres élevés. Il est le guide qui conduit les êtres à la cité du nirvana.
 
Sa sagesse est infinie, son courage inconcevable. Sa parole est totalement pure, sa voix mélodieuse. On ne peut cesser de regarder son corps, son corps qui est au-delà de toute comparaison.
 
Il n’est pas souillé par le désir ni par les fautes liées au monde de la forme. Il n’est pas contaminé par le monde du sans forme. Il est libéré des souffrances ainsi que des agrégats.
 
Il n’est pas sous l’emprise des expériences ordinaires liées aux organes des sens. Il a le contrôle du domaine sensoriel. Il a complètement tranché tous les liens. Il s’est totalement libéré des afflictions et du désir. Il a traversé le fleuve (du samsara).
 
Il a parachevé la sagesse primordiale. Il demeure dans la sagesse primordiale des Bouddhas du passé, du présent et du futur. Il ne demeure pas dans l’au-delà de la souffrance.
 
Il demeure dans la perfection ultime. Il regarde tous les êtres. Telles sont les suprêmes et authentiques qualités d’un Bouddha.
 
Le Saint Dharma est bon au début, bon au milieu, et bon à la fin. Son sens est excellent, ses mots et ses syllabes sont bons. Ils ne sont pas souillés. Ils sont totalement corrects, totalement parfaits et complètement purifiés.
 
Le Bouddha a enseigné le Dharma d’une manière excellente. Il amène à une vision correcte. Il est sans afflictions, constant et non soumis au temps. On peut lui faire confiance quand on s’adresse à lui. Quand on le voit, on accomplit son propre but.
 
Sa propre connaissance est sagesse. Son enseignement, qui amène à une prise de conscience, dépend totalement de l’entraînement de l’esprit.
 
Il est sans aucune contradiction. Il embrasse tout. Il est constant et tranche toutes les incertitudes.
 
La Sangha du Mahayana entre de façon excellente dans le grand véhicule. Elle est établie dans le discernement. Elle est correcte. Elle est harmonieuse. Il est bon de joindre les mains (devant elle) et de lui rendre hommage.
 
Glorieux champ de mérites, elle s’entraîne et possède toutes les qualités. Etre généreux envers elle permet une grande purification. Elle est l’objet de générosité. Elle est, de toutes les manières, le plus grand objet de générosité.
 
Les guides possèdent une grande compassion, ils sont les enseignants qui connaissent toute chose. Je rends hommage aux Sughatas, sources de l’océan de mérites et de vertus.
 
Purs, ils sont ce qui nous sépare du désir et de l’attachement. Vertueux, ils libèrent des états inférieurs. Cet état seul est la suprême et ultime vérité. Je rends hommage au Dharma qui apporte la paix.
 
En se libérant, l’enseignant (nous) amène sur le chemin de la libération. Entièrement dévoué à la discipline, il est un champ pur de mérites, et possède de nobles qualités. Je rends hommage à la Sangha.
 
Je rends hommage au Bouddha qui est le guide. Je rends hommage au Dharma qui nous protège. Je rends hommage à l’ensemble de la Communauté monastique. Je rends hommage continuellement et avec respect à ces trois aspects.
 
La vertu du Bouddha est inconcevable. La vertu de l’Enseignement est inconcevable. La vertu de la Communauté est inconcevable. C’est pourquoi, avec une confiance inconcevable, le mûrissement sera inconcevable. Puissé-je renaître dans une terre pure !
 
Prière aux Bouddhas et aux Bodhisattvas :
 
Avec un respect tout particulier envers les Bodhisattvas et ceux qui sont dotés du précieux esprit de l’éveil, nous prenons refuge :
 
Je rends hommage à l’esprit d’éveil, à celui qui nous détourne des états inférieurs, l’enseignant suprême qui nous montre le chemin des états supérieurs, et nous amène à l’absence de maladie et de mort.
 
Je rends hommage à ce précieux et pur esprit d’éveil. Je rends au hommage à ceux qui lui ont donné naissance. Je rends hommage à cet esprit d’éveil précieux et sacré, qui apporte le bonheur, même à ceux qui ont causé du tort. En cette source de bonheur, je prends refuge.
 
Ensuite, bénédiction de la base :
 
Par la force inconcevable de la perfection totale des deux accumulations, et de la pureté de la sphère ultime des phénomènes, grâce à la bénédiction de la vérité des Trois Rares et Sublimes, de tous les Bouddhas et Bodhisattvas,
 
Cet endroit devient les montagnes périphériques et la base, excellentes parures qui pénètrent tout, semblable à la terre pure de Déouatchen, support du déploiement de toutes sortes d’ornements splendides et beaux.
 
OM SAROUA BI POURA POURA SOURA SOURA AOUARTA YA AOUARTA YA HO SAPARANA KAM (réciter trois fois)
 
Bénédiction des offrandes :
 
Dans cette terre pure, les nuages d’offrandes qui réjouissent l’esprit, toutes les possessions sacrées des dieux et des hommes, telles que formes, sons, odeurs, toucher, goûts …, emplissent l’espace complètement et d’une manière inconcevable.
 
NAMA SAROUA TATAGATE BHAYO BISHO MOUKEBHE SAROUA TAKHAM OUTAGATE SAPARANA HIMAM GAGANA KAM SOHA (réciter trois fois)
 
La force des nuages d’offrandes :
 
NAMO RATNA TRAYAYA NAMO BHAGAOUATE BENZA SARA PRAMARDHA NE TATHAGATAYA ARHATE SAMYAK SAM BOUDDHAYA TEYATA OM BENZE BENZE MAHA BENZE MAHA TEDZO BENZE MAHA BIDAYA BENZE MAHA BODHITSITA BENZE MAHA BODHI MENTO PASSAM TRAMANA BENZE SAROUA KARMA AOUARA NA BISHODHA NA BENZE SOHA (réciter trois fois)
 
Invitation du domaine de mérite du Vainqueur et de son entourage :
 
Les refuges de toutes les directions et de tous les temps, accompagnés de leurs protecteurs, ont l’amour et la connaissance de la suprême intention éveillée, envers les êtres qui se trouvent dans la confusion et les émotions. Depuis le paradis infini, grâce à vos émanations illimitées, venez en ce lieu. Demeurez au centre de l’océan de nuages d’offrandes.
 
Vous êtes les guides de tous les êtres sans exception. Divinités qui domptent sans cesse la cohorte des maras, venez en ce lieu ! Omniscients Bouddhas qui, avec vos entourages, avez la connaissance de la nature de toute réalité,
 
Bouddhas des kalpas innombrables, qui, parce que vous avez de l’amour pour les êtres, cultivez la compassion, vos souhaits sont vastes, votre intention éveillée est parfaite. C’est le moment d’effectuer le bien des êtres !
 
C’est pourquoi, depuis le palais naturel et spontané de la sphère ultime des phénomènes, montrez la diversité de vos émanations et de vos bénédictions ! Afin de libérer l’assemblée infinie des êtres, je vous prie de venir avec tous vos parfaits entourages !
 
Souverains puissants de tous les phénomènes, vous êtes semblables à l’or pur et raffiné. Vous irradiez de splendeur, d’une manière bien supérieure au soleil. Vos regards vous amènent à être justes. Avec dévotion et confiance, je vous invite ici !
 
Vous qui possédez paix et compassion, êtes dans la douceur et demeurez dans la concentration, vous détenez le Dharma et la sagesse libre d’attachement. Vous possédez d’inépuisables capacités.
 
Approchez-vous ! Venez de cet état de paix ! Vous tous, Omniscients, êtres sublimes et êtres puissants, venez en ce lieu d’offrandes où toutes les formes sont parfaitement excellentes
 
On invite les Bouddhas et leur entourage à rester – on leur offre un siège :
 
Il est excellent que le Bouddha soit venu en ce lieu. Après avoir accepté nos offrandes, veuillez nous accorder votre attention, à nous personnes fortunées et de mérite. PEMA KAMALAYE SATOM
 
Ensuite, accumulation de mérites par la prière en sept branches.
 
Premièrement, les prosternations :
 
Maître, précieux Bouddha inégalé, Sughatas et Bodhisattvas des trois temps, je rends hommage à votre grande bonté, à la bénédiction naturelle de vos Corps, Parole et Esprit.
 
Après avoir récité ce qui précède, prononcer d’une voix mélodieuse cette strophe unique :
Je rends hommage aux trois Rares et Sublimes. Dans tous les royaumes des dieux, il n’existe aucun pratiquant spirituel tel que vous, suprême parmi les hommes. Dans ce monde, il n’y en a aucun autre, même dans le royaume de Vaishravana. Dans les sublimes royaumes des palais des dieux, il n’y en a aucun autre. On n’en trouve aucun autre, dans aucune direction ni cardinale ni intermédiaire. Même dans notre monde, dans les montagnes, les forêts, où pourrait-il y en avoir un autre tel que vous ?
 
Après avoir récité cela, prononcer d’une voix mélodieuse ces quatre strophes :
 
Je rends hommage à tous les Vainqueurs reconnus comme étant dans le parfait éveil. Quelle que soit la forme que vous preniez, votre Corps éveillé possède les trente-deux marques majeures et suprêmes.
 
Le parfait Bouddha est né, a atteint l’éveil. Il a tourné la roue de l’enseignement et a atteint l’état du Paranirvana non souillé.
 
Je rends hommage à tous ces endroits saints dans lesquels demeurent les Sughatas, où ils marchent et dorment, semblables à des lions.
 
Je rends hommage à ces stupas avec ou sans forme, présents au-dessus, en dessous, entre les deux, dans les directions cardinales et intermédiaires.
 
Réciter d’une voix mélodieuse, par intermittence, ces deux prières.
Ensuite, la grande louange aux douze actes du Bouddha :
 
Je rends hommage au Bouddha Shakyamouni ! Tout d’abord, en développant l’esprit d’éveil vous avez parachevé les deux accumulations de mérites et de sagesse. Votre activité vis à vis des êtres est actuellement très vaste. Vous êtes devenu le guide des êtres vivants.
 
Hommage à vous qui avez parlé aux dieux, puis, reconnaissant que le moment était venu d’instruire les hommes, êtes descendu dans le monde humain, semblable à un majestueux éléphant. Après avoir observé les différentes familles, vous êtes entré dans la matrice de votre mère Lhamo Gyoutrul.
 
Hommage à vous, Prince des Shakyas, qui, après dix mois, êtes né au cœur de la forêt de Lumbini, manifestant des signes de bon augure. Indra et Brahmâ ont loué votre nom sublime, votre activité véritable, ô vous destiné à la famille de l’Eveil.
 
Hommage à vous qui, possédant la force de la jeunesse, lion parmi les hommes, avez montré à Agha Magadha un déploiement de miracles. Vous l’Incomparable qui avez éliminé les arrogants, personne ne peut se dire votre rival.
 
Hommage à vos actions qui se conforment à l’aspect conventionnel de ce monde. Vous avez abandonné les mauvaises actions, épousé une reine, et possédé une cour. Vous avez gouverné votre royaume en utilisant tous les moyens habiles.
 
Hommage à vous qui, ayant vu le non sens des activités de ce monde, avez renoncé à la vie séculière. Traversant l’espace, devant le stupa Vishuddha parfaitement pur, vous vous êtes ordonné moine.
 
Hommage à vous qui avez persévéré jusqu’à l’éveil. Et, dans l’ascèse, durant six ans sur les berges de Nairanjana, portant la diligence à sa perfection, avez atteint la suprême concentration.
 
Hommage à l’activité de votre parfait éveil, qui a donné un sens aux efforts effectués depuis des temps sans commencement. Vous n’êtes pas sorti de votre posture vajra et, sous l’arbre de la Bodhi à Magadha, avez atteint le plein éveil.
 
Hommage à votre activité qui est d’établir les disciples dans les trois véhicules. Ayant vu promptement les êtres grâce à votre compassion, vous avez tourné la roue de l’enseignement, pour les instruire selon leurs capacités, dans ce lieu suprême qu’est Varanasi.
 
Hommage au Vainqueur des batailles. Afin d’éliminer les arguments erronés, vous avez subjugué les six enseignants tirthikas, Devadatta …, de même que les démons du pays de Kormo Djik.
 
Hommage à vous qui avez manifesté à Shravasti de grands miracles, ainsi qu’à vos qualités dont les splendeurs dans les trois mondes sont inégalées. Grâce aux offrandes suprêmes effectuées par tous les dieux et les hommes, vous avez procédé à l’établissement et à l’accroissement de l’enseignement.
 
Hommage à vous qui, afin d’éperonner les paresseux vis-à-vis de l’enseignement, êtes allé dans le Paranirvana en la terre pure de Kushinagara, abandonnant votre Corps éveillé semblable au vajra immortel.
 
Hommage à vous qui, afin de montrer la non existence de la destruction, et de permettre aux êtres du futur d’obtenir du mérite, avez manifesté des reliques et êtes resté pour être divisé en huit parties.
 
Brève louange au Bouddha :
 
Quand vous êtes né, chef parmi les hommes, faisant sept pas sur la terre, vous avez dit : « Je suis le Sublime de ce monde". Je rends hommage à l’Omniscient.
 
Tout d’abord vous êtes descendu de Tushita, le royaume des dieux. Vous êtes entré dans la matrice de votre mère née d’une famille royale. Dans la forêt de Lumbini, ô Puissant, vous êtes né. Je rends hommage au Victorieux, au dieu parmi les dieux.
 
Dans votre palais, vous avez été nourri par trente-deux nourrices. Dans la ville des Shakyas, en pleine jeunesse, vous vous êtes diverti. A Kapilavastu, vous avez pris Gopa comme épouse. Je rends hommage au Corps sans égal dans les trois mondes.
 
Aux quatre portes de la ville, vous a été montrée l’affliction. Devant le stupa de Vishuddha, vous avez coupé vos cheveux. Sur la berge de Nairanjana, vous avez pratiqué l’ascèse. Je rends hommage à celui qui est libre des fautes des deux voiles.
 
A Rajagriha, vous avez subjugué un éléphant fou. A Vaishali, les singes vous ont offert du miel. A Magadha, vous avez atteint l’Eveil manifeste. Je rends hommage au flamboiement de votre sagesse primordiale toute omnisciente.
 
A Varanasi, vous avez tourné la roue de l’enseignement. Dans la forêt de Shravasti, vous avez effectué de grands miracles. A Kushinagara, votre esprit éveillé s’en est allé dans le Paranirvana. Je rends hommage à votre esprit semblable à l’espace.
 
Grâce aux mérites de cette brève louange aux actes du Bouddha, le Seigneur de l’enseignement, puisse le comportement de tous les êtres devenir semblable à l’activité éveillée du Sughata lui-même.
 
Ô Sughata, puissent les autres et moi-même avoir une longue vie, un corps éveillé, puissions-nous résider dans une terre pure et posséder toutes vos marques de perfection.
 
Par la force de cette prière et de cette louange à vous adressées, je vous prie, où que nous nous trouvions, de supprimer les maladies, les nuisances, la pauvreté et les conflits, et d’accroître le Dharma ainsi que ce qui est de bon augure !
 
Si vous en avez le désir, récitez cette louange aux actes du Bouddha composée par l’omniscient Jigmé Lingpa :
 
Depuis la cité immortelle de la terre pure de Tushita, le Saint Bodhisattva Togkarpo voit la matrice qui porte le successeur du clan Shakya. La déesse Mayadevi aux yeux de biche est semblable à la splendeur du soleil qui se lève sur la montagne. Elle vous a mis au monde, dans l’épanouissement de son lotus, au cœur de la forêt de Lumbini. Brahmâ et Indra étaient présents pour vous servir et s’occuper respectueusement de vous. Vous avez été prophétisé comme étant de la lignée des Eveillés, devant vous je me prosterne et je vous rends hommage !
 
Parmi les jeunes arrogants des Shakyas, vous êtes pleins de force. Vous excellez dans le divertissement des soixante-quatre sports. Vous êtes reconnu parmi tous et on s’incline devant vous. Tous ceux qui vous voient et vous écoutent vous louent et reconnaissent votre renom. N’étant pas lié par le lasso de la passion, c’est pour réjouir votre père que vous avez pris une épouse. En regardant l’illusion pour ce qu’elle est tout en gouvernant le royaume, vous êtes connu comme Sarvarthasidda. Je vous rends hommage, ô Siddhârta !
 
Vous n’êtes pas le moins du monde pris par le crochet des affaires du royaume, de la peur et du changement. Votre esprit a été captivé par les quatre circonstances qui vous ont amené à une prise de conscience. Vous vous êtes ordonné vous-même en tant que moine. Au bord de la rivière Nairanjana, votre persévérance n’a jamais fléchi. Votre esprit a la force de supporter les difficultés de l’ascèse et le pouvoir de subjuguer ses propres concepts. Je rends hommage aux Sughatas des dix directions qui réjouissent l’esprit !
 
Dans le samsara, durant trois immenses éons vous avez vu le sens de tout, liant toutes vos pensées avec la corde des deux accumulations. Devant l’arbre de la Bodhi, en effrayant tous les démons, vous avez atteint manifestement le parfait éveil, la nature ultime de tous les Vainqueurs. Grâce au navire des trois roues de l’enseignement, vous avez libéré les êtres ballottés dans les profondeurs sans limite du samsara. Vous les avez guidés vers l’état parfait de la libération et de l’omniscience. Je vous rends hommage !
 
Grâce au pouvoir magique de vos miracles, à Shravasti vous avez totalement anéanti la parole des enseignants tirthikas, leur faisant boire l’alcool de l’indulgence. Au moment du débat final, quand vous avez triomphé grâce « aux quatre bases des miracles », ils sont devenus humbles, leur prestige envolé. Bien que vous n’ayez pas expérimenté vous-même la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, pour sortir de l’illusion les humains qui n’avaient jamais pensé à la mort, vous avez montré votre Paranirvana. Je vous rends hommage !
 
Aux êtres ayant endommagé ou amoindri leurs mérites, pour leur permettre d’accroître la vertu, vous avez laissé des reliques inépuisables (divisées) en huit parties. Vous vous êtes endormi dans la sphère ultime des phénomènes comme dans le sommeil. De la même manière moi-même puissé-je atteindre la perfection, le mûrissement et la purification, et, dans le paradis d’Ogmin, état au-delà des trois mondes, puissé-je atteindre l’état d’un parfait Bouddha et effectuer les dix actes déployés par une sublime émanation. Puissé-je devenir votre égal, ô Omniscient, pour le bien des êtres !
 
Il est possible de réciter la louange extensive aux actes de la vie du Bouddha, ou l’intermédiaire, ou la brève.
 
Hommage et prosternations par la prière en sept branches de Samanthabadra (« Aspiration à l’Excellence de la Noble Conduite ») :
 
Hommage au juvénile Manjusri ! Avec mes corps, parole et esprit, je rends hommage et me prosterne devant tous les Bouddhas des trois temps et des dix directions, sans exception, lions parmi les hommes.
 
Par le pouvoir de cette prière d’aspiration à l’excellente conduite, tous les Vainqueurs se manifestent véritablement dans mon esprit, je leur rends parfaitement hommage et m’incline avec autant de corps que les particules constituant les champs purs.
 
Sur chaque particule résident autant de Bouddhas que les univers comptent de d’atomes, chacun entouré de ses fils. Ainsi j’imagine que tous les Victorieux, sans exception, emplissent totalement l’espace absolu des phénomènes.
 
Je les loue par un océan inépuisable de prières et une diversité de sons mélodieux. Je chante toutes les qualités de tous les Vainqueurs et prie tous les Sughatas.
 
Deuxièmement, les offrandes :
 
Afin de garder ce précieux esprit, j’effectue d’excellentes offrandes à l’océan de qualités des Tathagatas, au saint Dharma, aux Rares et Sublimes immaculés et aux Bodhisattvas.
 
Ensuite, l’offrande du mandala :
 
OM BENZA BHOUMI AH HOUNG
CHI YONG SOU DAK PA OUANG TCHEN SER GYI SA CHI
OM BENZA BHOUMI AH HOUNG - La base est le fondement d’or puissant et parfaitement pur.
 
OM BENZA REKE AH HOUNG
TCHI TCHAK RI KOR YOUK GUI KOR OUAÏ U SOU
OM BENZA REKE AH HOUNG - L’extérieur est complètement encerclé par une enceinte de montagnes ininterrompues.
 
Au centre, la syllabe HOUNG qui devient le mont Mérou, la montagne sublime. A l’est le continent Videha, au sud Jambudvipa, à l’ouest Godaniya et au nord Kourou. Ils sont entourés par les sub-continents Deha et Videha, Chamara et Avarachamara, Shatas et Uttaramantrin, Kourou et Kaurava.
 
Les montagnes de joyaux, les arbres qui accomplissent les désirs, les génisses qui comblent tous les souhaits, la céréale qui pousse sans effort - la précieuse roue, le précieux joyau, la précieuse reine, le précieux ministre, le précieux éléphant, le précieux cheval, le précieux général et le vase aux inépuisables trésors,
 
les déesses gracieuses, les déesses aux colliers, les déesses du chant, les déesses de la danse, les déesses aux fleurs, les déesses aux encens, les déesses des lumières et les déesses des parfums - le soleil, la lune, la précieuse ombrelle, la bannière de la victoire triomphant dans toutes les directions,
 
Toutes les sublimes possessions des dieux et des hommes, sans aucune exception, nous les offrons au Maître plein de bienveillance, aux Maîtres de la lignée, à l’assemblée des Divinités du mandala, aux Bouddhas et à l’assemblée des Bodhisattvas.
 
Avec compassion acceptez ces offrandes pour le bien de tous les êtres. Les ayant acceptées, veuillez nous accorder votre bénédiction.
 
La base, ointe d’eaux parfumées, est jonchée de fleurs et ornée du Mont Mérou, des quatre continents, du soleil et de la lune. En la visualisant, nous l’offrons comme étant un royaume de Bouddha. Puissent tous les êtres jouir des terres pures !
 
TRAM GOUROU RATNA MENDALA POUDZA MEGHA SAMOUDRA SAPARANA SAMAYE A HOUNG
 
Selon la tradition de Lama Pakpa, si on le souhaite, on peut réciter le mandala des trois Corps provenant du texte racine du Nyingtig :
 
OM A HOUNG - Le « trichiliocosme », univers comportant cent fois dix millions de mondes, est totalement rempli des sept gemmes précieuses et de toutes les richesses des dieux et des hommes. J’offre complètement mon corps, mes possessions. Puissé-je tourner la roue du Dharma et libérer tous les êtres dans l’état du Nirmanakaya.
 
Le plus élevé des champs purs de grande félicité est Ogmin. Dans la perfection des cinq certitudes se manifeste le mandala des cinq familles de Bouddhas. En offrant d’une manière inconcevable un amoncellement de nuages d’offrandes des cinq sens, puissé-je jouir du paradis du Sambhogakaya.
 
Le corps du vase de jouvence, où toutes les apparences sont parfaitement pures depuis l’origine, est orné du déploiement de l’espace fondamental et de la compassion non obstruée. C’est l’espace où tout attachement aux perceptions du corps et des tiglés est entièrement auto libéré. Puissé-je, par cette offrande de sagesse, jouir de la réalité du Dharmakaya.
 
Même si on ne récite pas cette offrande du mandala des trois Corps, cela ne constitue pas une erreur par omission :
 
Je fais des offrandes extérieures, intérieures et secrètes à l’assemblée des Maîtres qui ont parachevé totalement la nature même des trois Corps. Acceptez mon corps, mes possessions et la totalité de l’univers, et accordez-moi l’accomplissement insurpassable et sublime.
 
Et :
 
En offrant cet excellent mandala qui vous réjouit, puissé-je ne pas avoir d’obstacles sur le chemin de l’éveil et réaliser l’intention éveillée des Sughatas des trois temps. Puissé-je ne pas rester dans l’illusion du samsara ni demeurer dans la paix du nirvana. Puissé-je libérer tous les êtres dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace !
 
Ensuite :
J’offre à tous les Vainqueurs de merveilleuses fleurs, de splendides guirlandes, divers onguents, des cymbales, de sublimes ombrelles, de magnifiques lampes et les plus fins encens. J’offre à tous les Vainqueurs les plus beaux vêtements, les sublimes senteurs, un amoncellement d’encens aussi élevé que le mont Mérou, toutes ces offrandes disposées de façon sublime.
 
Par ces vastes offrandes inégalées, je rends hommage à tous les Vainqueurs. Avec la force de ma foi en l’excellent comportement, je me prosterne devant tous les Vainqueurs et leur fais des offrandes.
 
Offrande du corps :
 
J’offre continuellement mes corps, parole et esprit aux Maîtres, aux Bouddhas et aux Bodhisattvas. Acceptez-moi complètement, ô sublimes Bodhisattvas ! Mon seul souhait est de vous servir avec respect.
Si vous m’acceptez, prenez totalement soin de moi : je n’aurai plus peur du samsara et aurai la capacité d’aider les êtres. Je ne réitérerai plus toutes les transgressions et les fautes que j’ai pu commettre par le passé.
 
Troisièmement, la branche de la confession des fautes :
Je vous prie, Maître grand détenteur vajra, Bouddhas et Bodhisattvas résidant dans les dix directions, d’être attentifs à moi (dire son prénom). Depuis des temps sans commencement et jusqu’à maintenant, sous l’emprise des émotions du désir attachement, de la colère aversion, et de la confusion, j’ai commis des fautes liées aux dix actes non vertueux, à travers mes corps, parole et esprit.
 
J’ai commis les cinq actes aux rétributions immédiates, et cinq autres crimes pratiquement aussi graves. J’ai brisé les vœux de libération personnelle, les préceptes des Bodhisattvas et les engagements des mantras secrets. J’ai failli quant au respect que je devais à mes parents, à mon enseignant, à mon Maître et aux membres de la sangha.
 
J’ai nui aux trois Rares et Sublimes, abandonné le saint Dharma, rabaissé la noble Sangha et blessé l’ensemble des êtres. Toutes ces actions négatives que j’ai pu commettre, que j’ai permis de commettre, dont je me suis réjoui, et qui sont des obstacles aux renaissances supérieures et à la libération, des causes de chutes dans le samsara et les renaissances inférieures, en résumé, devant vous Maître grand détenteur vajra, Bouddhas et Bodhisattvas qui résidez ici, je les révèle et les confesse !
 
Je ne les cache ni ne les dissimule. Dorénavant, je m’engage à ne plus les réitérer. Si je les révèle ouvertement et que je les purifie, j’atteindrai l’état de félicité. Si je ne les révèle ni ne les confesse, cela ne sera pas le cas.
 
Ensuite :
Je confesse, un par un, chacun des actes négatifs que j’ai pu commettre avec mes corps, parole et esprit, sous l’emprise du désir attachement, de la colère aversion et de la confusion.
 
Se réjouir ensuite au moyen des quatre autres branches restantes :
 
Je me réjouis de toutes les activités bénéfiques accomplies par les Bouddhas des trois temps, les Bodhisattvas, les Pratiékas Bouddhas, les Arhats, les Sravakas et tous les êtres.
 
J’exhorte tous ces Protecteurs à tourner l’insurpassable roue de l’enseignement, j’exhorte ceux qui sont la lampe (qui dissipe l’obscurité de l’ignorance) des mondes des dix directions, j’exhorte ceux qui, dépourvus d’attachement, ont parcouru progressivement tous les degrés de Bodhisattvas, ainsi que ceux qui ont obtenu l’état de Bouddha.
 
Vous tous, émanations qui montrez l’au-delà de la souffrance afin d’aider les êtres à obtenir le bonheur, demeurez pendant des kalpas aussi nombreux qu’il existe de particules. Les mains jointes, je vous adresse mes prières, vous rends hommage, vous fais des offrandes, confesse mes fautes, me réjouis de toute vertu, vous exhorte à donner des enseignements et vous supplie de demeurer en ce monde. Toute vertu si infime soit-elle, je la dédie à l’Eveil.
 
Ensuite, l’entraînement de l’esprit à travers les quatre incommensurables :
 
Puissent tous les êtres, mes mères, dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace, obtenir le bonheur et les causes du bonheur.
 
Puissent tous les êtres, mes mères, dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace, être libres de la souffrance et des causes de la souffrance.
 
Puissent tous les êtres, mes mères, dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace, ne jamais être séparés de la sainte félicité dénuée de souffrance.
 
Puissent tous les êtres, mes mères, dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace, demeurer en la grande équanimité libre de tout attachement et de toute aversion.
 
(Réciter 3 fois)
 
Abandonner les trois bases de la saisie :
 
Pour être bénéfique à tous les êtres, j’offre sans aucun regret mon corps, ainsi que mes possessions et toutes les vertus concrètes du passé, du présent et du futur.
 
Ensuite, la prière préliminaire où l’on requiert l’attention éveillée (des Bouddhas, des Bodhisattvas et des Maîtres) :
 
Vous tous Bouddhas qui résidez dans les dix directions, vous tous grand Bodhisattvas qui demeurez dans les dix terres, vous tous Maîtres grands détenteurs vajra, je vous prie de tourner votre esprit vers moi !
 
Corps de la pratique
 
Prendre les vœux de l’esprit d’éveil de l’aspiration et de la mise en pratique :
 
Tant que je n’ai pas atteint le cœur de l’éveil, je prends refuge en les Bouddhas, en l’enseignement et en l’assemblée des Bodhisattvas. De même que les Sughatas du passé ont développé la bodhicitta et se sont entraînés au courageux esprit d’éveil, de même je prends l’engagement sacré de développer l’esprit d’éveil dès maintenant, et de m’entraîner graduellement afin d’être bénéfique aux êtres, comme le ferait un Bodhisattva. (Réciter trois fois, en ayant pris ces vœux de l’esprit d’éveil)
 
Et finalement méditer sur l’incitation à la prière et à la joie :
 
Désormais j’ai obtenu cette excellente vie humaine qui arrive à maturité. Né à présent dans la famille des Bouddhas, je suis fils des Vainqueurs. Maintenant mes actions commencent à être en harmonie avec ma famille, et j’agirai sans défauts, avec un comportement respectable. A l’avenir je ne souillerai plus cette famille.
 
Comme un mendiant, un pauvre ou un aveugle qui trouverait par hasard un joyau au milieu d’un tas d’ordures, de la même manière je fais naître en moi l’esprit de l’éveil.
 
Ensuite :
 
Maintenant, prenant les Bouddhas à témoin, j’invite tous les êtres à accéder à la félicité et aux bonheurs ordinaires. Puissent les dieux et les demi-dieux … se réjouir !
 
Ensuite, le cycle des prières d’aspirations :
 
Puisse le précieux et sublime esprit d’éveil qui n’est pas né, naître en nous ! Puisse celui qui est né, sans se détériorer, s’accroître de plus en plus.
 
Puissions-nous ne jamais être séparés de l’esprit d’éveil, et nous engager dans un comportement éveillé.
Puissent les Bouddhas prendre totalement soin de nous, et puissions-nous abandonner toute action nuisible.
 
Ensuite :
 
Puissent s’accomplir les souhaits des Bodhisattvas, pour le bien des êtres. Puissent les êtres obtenir tout ce que les Protecteurs ont souhaité pour eux.
 
Puissent tous les êtres posséder le bonheur, et les états inférieurs d’existence être continuellement vidés. Puissent les souhaits des Bodhisattvas des différentes terres être accomplis.
 
Ensuite, réciter le mantra de l’éthique parfaitement pure :
 
Hommage à tous les Tathagatas ! Hommage au grand et puissant Bodhisattva Chenrezi !
 
OM AMOGHASHILA SAMBHARA SAMBHARA BHARA BHARA MAHA SHOUDDHA SATO PEMA BI BHOU KITA BHOUDZA DHARA DHARA SAMENTA AVALOKITE HOUNG PE SOHA
 
(Réciter 3 ou 7 fois)
 
Prières de souhaits :
 
Puissent tous les aspects de l’éthique parfaitement pure être au complet dans le courant de conscience de tous les êtres dont moi-même. Puisse être purifié l’ensemble des fautes et des voiles provenant de la violation de l’éthique due aux émotions.
 
Puissé-je être fortuné et ainsi pratiquer l’éthique qui réjouit l’esprit des êtres élevés. Puissé-je atteindre la félicité de la complète libération libre de l’oppression des émotions.
 
Et :
 
Puisse mon éthique être libre de toute faute. Puisse mon éthique être parfaitement pure. Grâce à une discipline sans orgueil, puissé-je atteindre la perfection de cette éthique.
 
En suivant les traces du Bouddha, puissé-je amener l’excellent comportement à sa perfection.
Puissent mes actions et mon éthique être immaculés et parfaitement purs. Puissé-je ne jamais faillir ni être pris en défaut.
 
Et :
 
Par la force de l’entraînement qui consiste à abandonner le fait de nuire aux autres, puissé-je ne pas faire s’élever dans mon esprit le désir de blesser autrui, même en rêve. Grâce à la perfection d’une éthique jamais séparée de l’esprit d’éveil, puisse tout m’être auspicieux !

Colophon :

Ces Vœux de Bodhisattva sont en accord avec la tradition de Patrul Rinpoché -Dza Pelgue Tulkou, Orgyen Jigmé Tcheukyi Ouangpo- qui n’est pas différent du grand érudit et réalisé Shantidéva, originaire de la terre sacrée de l’Inde, émanation humaine du sublime et noble Tchenrezi « l’Auto-libération de la souffrance ». Le successeur de cette transmission est le fils de cœur de Patrul Rinpoché. Elle a été transmise ensuite au grand être Nyeushul Loungtok Tenpé Nyima, à Jetsun Lama Eusel Rintchen Nyingpo Péma Lédrel Tsel- Khempo Ngak Tchoung- à son grand disciple Thubten Tcheukyi Langpo, suprême incarnation de Pelyul Péma Norbou, et qui a offert l’impression de ce texte et des rituels liés aux trois racines du Longchen Nyingtik, au monastère mère de Dago.

Les corrections incomplètes, toutes sortes d’abréviations, d’erreurs de style, … en rendaient la récitation malaisée, c’est pourquoi certaines modifications ont été effectuées, des abréviations supprimées, et que tout a été remis en forme et clarifié. Ce texte a été réédité par Chatral Sangyé Dordjé, en l’année du tigre de feu (1986), le quatrième mois, le huitième jour de bon augure, au centre de retraite situé dans la Grotte du Lotus au Népal. Le rédacteur en est Losel Abhaya.

Puissent la vertu et la bonté s’accroître !


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