Centre Culturel Tibétain Dzogchenpa
Enseignement

Le bardo de la réalité absolue 3/8

Chépa Dorjé Rinpoché, Paris le 13 septembre 2009

Etat naturel, cinq lumières, cinq éléments, cinq sagesses, mandala des cinq familles de Bouddha.

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Nous devons penser que nous écoutons cet enseignement sur les six états intermédiaires pour libérer l’ensemble de tous les êtres qui se trouvent actuellement dans la souffrance du samsara ; tous ces êtres qui ont été nos pères et nos mères et dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace.

Quand nous parlons du Dharma, il y a un mot pour parler du Dharma et l’ensemble de tous les phénomènes. Tout d’abord, il y a l’ensemble de tous les phénomènes et à l’intérieur il y a plus particulièrement le Dharma. C’est ainsi que nous pouvons dire qu’il y a les phénomènes de ce monde et les phénomènes pour aller au-delà de ce monde.

Nous en sommes au Bardo de la Réalité absolue. Il signifie l’état naturel. Cet état naturel peut être présent au moment du Bardo en de la Réalité absolue. Notre corps n’existant plus, l’expérience du Bardo de la Réalité absolue apparaît alors.

Qu’entendons-nous par naturel ?

Par rapport au cinq éléments, la nature même du feu est vacuité, la nature même de l’élément eau est vacuité. Il en est de même pour nous, dès que la respiration s’arrête, notre esprit rentre dans sa nature véritable. Lorsque nous parlons de la véritable nature de l’esprit, ce n’est pas la même nature que celle des éléments, il y a une différence. Quand nous parlons ordinairement de la nature de l’esprit, nous parlons de toutes les pensées qui surgissent, toutes les conceptions mentales. A partir du moment précis du Bardo de la Réalité absolue, l’esprit, en tant que conceptions mentales, n’existe plus. Comme nous l’avons vu la fois précédente, notre conscience se fond dans l’espace, notre souffle, notre respiration se fond dans l’espace et ainsi notre propre connaissance, Rigpa peut émerger. C’est ce que nous appelons aussi l’Espace de la Claire Lumière, l’émergence de Rigpa. A ce moment précis, il n’y a plus aucun agrégat qui compose notre corps. Il est dit dans le texte que, dans un premier temps, il y a l’arrêt du souffle intérieur et extérieur, le souffle au niveau du cœur et le souffle de notre respiration. A ce moment-là, nos agrégats physiques n’existent plus. Nous n’avons plus de corps bien que nous puissions continuer à penser que nous en avons un. Notre corps est alors un corps de cinq couleurs. Que nous le reconnaissions ou pas, il en est ainsi. La nature même de notre corps étant ces cinq lumières, les apparences phénoménales sont également ces cinq lumières. Il n’y a plus les apparences grossières de l’élément terre, etc.

Quand nous voyons ces rayons de lumière immatériels, de l’intérieur, nous voyons l’extérieur et de même, de l’extérieur nous voyons l’intérieur. Ces lumières sont parfaitement transparentes, translucides. Les différentes couleurs sont clairement perçues, chacune avec leur propre subtilité. Les rayons de lumière vont et viennent, ils bougent, ils varient en intensité. Parfois, ces lumières peuvent être suprêmement irradiantes, elles sont très belles, elles sont très vastes, embrassant tout. Ces rayons de lumière sont infinis, inexprimables par l’esprit ordinaire conceptuel. Comme si nous voyions une fleur au loin, notre esprit ne pourrait pas définir avec précision qu’elles sont les couleurs. En fait, cela signifie que notre esprit lui-même est complètement infini. Ces lumières sont sans limite, sans haut ni bas, chaque couleur est visible. Elles émergent toutes les cinq en même temps et restent parfaitement distinctes les unes par rapport aux autres. Ces lumières irradiantes sont rouges, jaunes, vertes, bleues, blanches. Ces lumières des cinq couleurs n’émergent qu’au moment du Bardo de la Réalité absolue, les agrégats physiques n’étant plus là. A ce moment-là, nous pouvons reconnaître la nature même des cinq éléments qui sont ces cinq lumières. C’est le moment de la Réalité absolue. Ces lumières irradient dans les dix directions, au zénith et au nadir.

Ces lumières qui embrassent complètement les dix directions, se rassemblent et vont venir se réunir au niveau de notre cœur. A cet instant les cinq familles de Bouddha apparaissent en yab youm. Il y a des sphères lumineuses, dans chaque sphère lumineuse se trouvent cinq autres sphères lumineuses et dans ces cinq sphères lumineuses, il y a les cinq familles de Bouddha en union. Donc voici exactement comment elles émergent, nous voyons un rond, c’est la sphère lumineuse, dans cette sphère il y en a cinq autres, et chacune d’entre elles représente ces familles de Bouddha. Les divinités paisibles apparaissent d’abord. Ensuite les divinités courroucées apparaissent. Tout d’abord un lotus émerge, au centre de ce lotus, au-dessus du pistil, se trouve soit le disque de soleil pour les divinités irritées soit le disque de lune pour les déités paisibles. Pour chaque famille de Bouddha, une lumière irradie. Il est bon de reconnaître ces différentes apparences. Le pratiquant du Thögal verra dans sa méditation exactement ce qui émergera au moment du Bardo de la Réalité absolue. Ce sera exactement la même chose. Toutes ces sphères lumineuses représentent le mandala des cinq familles de Bouddha. Il pourra en apparaître, cinq, cent, mille, dix mille, il y en aura un très grand nombre, autant qu’il y a de poussières dans l’espace, autant que les souhaits de Kountouzangpo. Lorsque ces apparences émergent, aucune pensée n’apparaîtra dans notre esprit, il s’agit d’une reconnaissance spontanée de ce qui est, sans aucune fabrication mentale. Cela est absolument inconcevable par l’esprit et inexprimable par des mots. Puis, à nouveau des divinités vont apparaître, ni trop grandes, ni trop petites, elles seront resplendissantes et apporteront à notre esprit beaucoup de joie. Les divinités irritées seront parées d’ornements d’os, les divinités paisibles seront parées de soieries, elles seront toutes dans une position particulière, effectuant chacune un moudra et assises sur un siège particulier et parfaitement immaculées, toutes seront en union. Les divinités paisibles effectueront les moudras des divinités paisibles, les divinités courroucées feront les moudras des divinités courroucées. Chacune de ces cinq sphères lumineuses sera entourée d’un arc-en-ciel. Il y aura des Bodhisattvas masculins et féminins, tous seront entourés d’un arc-en-ciel. Quand ces apparences vont émerger, le pratiquant du Dharma qui se sera entraîné reconnaîtra ces apparences pour ce qu’elles sont. Celui qui n’aura pas eu d’entraînement, ne les reconnaîtra pas, il pourra ressentir de la peur ou du désir-attachement à la vue des arcs-en-ciel par exemple. Même pour le plus petit enfant, ces apparences, au moment du Bardo de la Réalité absolue, émergent, toute la différence se fait dans la reconnaissance ou dans la non reconnaissance. Si, au moment où les arcs-en-ciel apparaissent, nous pensons « Ils sont beaux. », cela veut dire que nous allons penser quelque chose avec notre esprit. À cause de cela, nous ne pourrons pas nous libérer et à nouveau nous errerons dans le samsara. Si nous avons de l’attachement vis-à-vis de ces divinités en union, de même, nous errerons dans l’illusion du samsara. Quand les divinités courroucées vont apparaître, peut-être que nous expérimenterons de la peur, n’ayant pas notre corps, notre esprit étant plus petit, nous expérimenterons encore plus de peur.

Si nous reconnaissons l’apparence des divinités paisibles et irritées pour ce qu’elles sont véritablement, c’est-à-dire que si nous reconnaissons que ces apparences sont nos propres apparences, à ce moment-là, à nouveau, des corps vont surgir, des lumières vont irradier de leurs cœurs et vont venir se fondre dans notre propre cœur. Ces rayons de lumière comme les rayons du soleil vont être très subtils. Nous pourrons alors entrer en une grande absorption méditative dans Rigpa, dans la Connaissance. A ce moment précis, nous reconnaîtrons qu’il s’agit de nos apparences propres. Si dans cette vie, nous pratiquons correctement, au moment du Bardo de la Réalité absolue, nous reconnaîtrons les lumières pour ce qu’elles sont. Quand nous les reconnaîtrons, ces lumières se transformeront en des corps de divinités, de ces corps de la lumière, semblable aux rayons du soleil, vont s’émaner et se fondre en notre propre cœur et alors, à ce moment-là, nous entrerons naturellement, spontanément, en absorption méditative sans absolument aucune fabrication. Certains grands méditants, des êtres réalisés, restent au moment de leur mort dans un état de méditation ou en posture pendant un mois, 21 jours ou moins. Ils demeurent dans l’absorption méditative naturelle, spontanée. Ils sont effectivement morts, leurs souffles intérieurs extérieurs ne sont plus, mais ils gardent l’apparence de personnes vivantes. Donc maintenant nous allons méditer quelques instants.


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