Centre Culturel Tibétain Dzogchenpa
Enseignement

Le transfert de conscience (Powa)

Chépa Dorjé Rinpoché - Paris, le 2 juillet 2001

Transfert de Conscience immédiat – Transfert de Conscience par l’Écoute.

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Nous pensons que nous écoutons cet enseignement pour libérer les êtres dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace de la souffrance du samsara, afin qu’ils atteignent l’état de Bouddha.

Actuellement nous en sommes au Powa, le Transfert de Conscience Immédiat au moment de la mort. Ce que nous avons vu précédemment est terminé.

Le Transfert de Conscience Immédiat veut dire un transfert qui se fait en un instant, c’est cela l’entraînement. Si nous sommes en fin de vie, malade à l’hôpital, à ce moment-là nous utiliserons le Transfert de Conscience Progressif. Si nous mourons de façon plus soudaine, lors d’un accident de voiture, de moto ou que nous tombons d’une maison, nous utilisons le Powa immédiat.

Nous donnons toutes sortes de moyens pour ce Transfert de Conscience car nous ne connaissons pas les circonstances de notre mort. C’est facile si nous avons continuellement le rappel. En voici le sens. Quand nous nous couchons le soir et que nous devons nous lever à six heures, nous nous réveillons à l’heure dite. C’est ce type de rappel qu’il nous faut avoir dans le Transfert Immédiat de Conscience. Lors d’une grande peur, certaines personnes appelle leur mère. Au Tibet, nous allons instantanément adresser une prière à Guru Rinpoché ou à notre Lama. Il est dit qu’à ce moment précis, nous devons mettre le nom de ce rappel au sommet de notre tête. En fait, si nous nous exerçons régulièrement dans notre vie, lorsque nous aurons une grande frayeur, que nous saurons que nous allons mourir, à ce moment-là, nous aurons le rappel et notre conscience ira se placer juste au-dessus de la tête, là où se trouve ce rappel.

L’entraînement consiste alors à amener en toute circonstance que ce soit de bonheur ou de souffrance ou de peur, le rappel au-dessus de notre tête. Si donc, au moment de notre mort, nous plaçons notre conscience au-dessus de notre tête, le Transfert de Conscience pourra être effectué. Si nous méditons une divinité particulière durant notre vie, Guru Rinpoché par exemple ou notre propre Lama, nous pourrons penser que notre conscience va se résorber en leur cœur. Quoiqu’il en soit, même si nous n’avons pas la possibilité de faire cette visualisation, il suffira de mettre notre conscience au sommet de notre tête pour effectuer ce transfert.

Il serait bien, pour s’entraîner, d’aller dans des fêtes comme la foire du Trône, sur les montagnes russes et autres manèges où nous pouvons avoir très peur. Peut-être qu’au début, la vigilance ne pourra pas être efficace mais si nous plaçons le rappel au-dessus de notre tête, cela sera d’un grand bienfait, sauf évidemment, si vous avez des problèmes de cœur.

Entraînez-vous à tout moment : vous trébuchez, on vous bouscule… autant de rappels pour vous entraîner. Si nous nous entraînons bien, alors, au moment de notre mort, nous placerons ce rappel au-dessus de la tête pour effectuer le Transfert de Conscience du Corps de Vérité, c’est ainsi qu’il se nomme.

Quel est le bienfait d’amener la conscience au-dessus de la tête ?

Si nous pouvons placer notre conscience au sommet de la tête dans l’espace, nous pourrons aller dans un paradis pur. En fait, les capacités des individus sont de trois sortes : supérieures, intermédiaires et ordinaires. Si nous pouvons effectuer le transfert de conscience par le canal central et la fontanelle, il s’agit d’un transfert de conscience supérieur et nous irons dans un paradis pur. Si notre conscience sort par les deux yeux, c’est le chemin du monarque universel. Par notre narine gauche, nous obtenons un corps humain Ces trois portes sont les trois portes supérieures ou suprêmes.

Si notre conscience sort par notre narine droite, nous devenons quelqu’un de très riche, très puissant, par les deux oreilles, nous renaissons dans le monde des dieux de la forme. Par le nombril, ce sera le monde du désir. Ces trois portes sont les trois portes intermédiaires. Par l’urètre, c’est la porte du monde animal, par le vagin ou le pénis, celle du monde des esprits avides et si notre conscience passe par l’anus, nous renaissons dans le monde des enfers. Ces trois portes sont les trois portes ordinaires, ces trois renaissances ne sont pas bonnes.

Il est très important pour cela d’avoir le rappel au sommet de notre tête. Si nous l’avons aussi par aux yeux ou à narine gauche, c’est bien également. Il est préférable de pratiquer le plus possible le rappel au-dessus de la tête. Si nous avons la moindre agitation, la conscience sortira par les yeux, un peu plus d’agitation par les narines et beaucoup d’agitation par les orifices inférieurs. Il est dit que si nous avons au moment de notre mort la possibilité d’effectuer le Powa au sommet de notre tête, même si nous n’avons eu aucun entraînement préalable mais que nous le faisons sans aucune distraction, cela revient au même.

Entraînons-nous avec une divinité que nous pratiquons, que nous aimons bien ou simplement plaçons notre conscience au-dessus de la tête, c’est cela le mieux.

Pour les êtres ordinaires qui n’ont pas entendu parler du Dharma ou qui n’aiment pas le Bouddhisme, pour ces personnes que pouvons nous faire ? Cela arrive souvent et ces personnes ont besoin d’aide, que faire ?

Vous allez placer le mort dans la direction du nord et son visage en direction de l’ouest. Il ne faut pas toucher la partie inférieure du mort pour ne pas attirer sa conscience vers le bas, mais s’approcher de la personne et dire son nom. Avec la main, vous allez toucher le sommet de sa tête, son esprit va en avoir la sensation et sa conscience va monter jusqu’au sommet de la tête. S’il n’a plus beaucoup de sensation, il est bien de lui tirer un peu les cheveux au niveau de la fontanelle, pas trop fort sinon il va se mettre en colère.

Si nous avons un cordon de protection, nous pouvons le placer autour de son cou ou bien nous pouvons réciter le nom des Bouddhas à son oreille. Nous pouvons plus particulièrement prononcer le nom du Bouddha de Médecine, Sangyé Menla qui a dit : « Toute personne qui entendra mon nom ne renaîtra pas dans les mondes inférieurs. ».

Il est très bénéfique de réciter le nom du Bouddha de Médecine. Nous devrons aussi réciter le nom des différents Bouddhas et Bodhisattvas qui ont, eux aussi, ce même engagement pour aider les êtres. Même si le mort n’aimait pas le Bouddhisme auparavant, le fait qu’il soit mort et sans espoir ni activité peut faire naître en lui une confiance à l’égard du Dharma. C’est comme si nous étions partis en voiture sur une fausse route et que qu’un inconnu nous dise « Vous vous êtes trompé de chemin, allez par là, c’est la bonne direction. ».
Nous aurons confiance en cette personne qui sait où elle est. De même, au moment de notre mort, comme il n’y a aucun refuge, ni aucune protection, le mort peut faire naître en lui de la confiance en entendant le nom des différents Bouddhas. Quoiqu’il en soit, le fait de parler de manière assez forte à l’oreille du mort va permettre à sa conscience de s’élever au sommet de sa tête.

Au Tibet un non-pratiquant au terme d’une longue maladie prendra refuge auprès d’un Lama, et prendra les vœux de Bodhisattva, recevra des cordons de refuge et on lui récite des textes. Il y aura toutes sortes de choses pour l’aider au moment de sa mort, cela s’appelle la Libération par l’Écoute. Il y a aussi une coutume au Tibet, sachant qu’il ne faut pas toucher à la partie basse du corps du mort, jambes et mains, qui consiste à utiliser une substance que l’on met au sommet de la tête et qui ouvre le canal central. Cela s’appelle la Substance de Powa, du Transfert de Conscience. Très souvent, ce sont les grands maîtres qui détiennent cette substance car ils accompagnent souvent les morts.

Voilà, vous avez reçu toutes les instructions concernant la pratique de Powa.


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