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Cérémonie de Guru Bum Tsok

Cette année marque le 1262ème anniversaire de l’arrivée du Maître Padmasambhava au Tibet. En ces temps difficiles en raison des maladies, des guerres et du réchauffement climatique, la prière au Maître Padmasambhava est un moyen puissant de dissiper les obstacles et de propager le Dharma.

C’est pourquoi Lama Kunga Kunchok organise une cérémonie de Guru Bum Tsok et invite, pour cette occasion S.E. Lhatsé Tulku Rinpoché.

L’Association Bouddhique Orgyen Rangdjoung Dorjé Ling (ABCORDL) et le Centre Culturel Tibétain Dzogchenpa (CCTD), fondés par Lama Kunga Kunchok, ont l’honneur d’apporter leur soutien à cet événement.

La cérémonie se tiendra les 24, 25 et 26 mai à la Grande Pagode du Bois de Vincennes. L’événement est gratuit, ouvert à tous sur simple inscription. Les déjeuners et collations sont offerts.


Programme

Vendredi 24 mai 2024
10h à 12h : Guru Bum Tsok
12h à 14h : Déjeuner végétarien offert aux participants
14h à 15h30 : Guru Bum Tsok
15h30 à 16h : Collation offerte aux participants
16h à 17h : Enseignement sur le développement de l’Esprit d’Eveil

Samedi 25 mai 2024
10h à 12h : Guru Bum Tsok
12h à 14h : Déjeuner végétarien offert aux participants
14h à 15h30 : Guru Bum Tsok
15h30 à 16h : Collation offerte aux participants
16h à 17h : Initiation du Rigdzin Dupa

Dimanche 26 mai 2024
10h à 12h : Guru Bum Tsok
12h à 14h : Déjeuner végétarien offert aux participants
14h à 15h30 : Guru Bum Tsok
15h30 à 16h : Collation offerte aux participants
16h à 16h30 : Enseignement sur le Rigdzin Dupa
16h30 à 17h : Initiation de longue vie du Longchen Nyingtik
17h à 17h30 : Mandala de remerciements

Pour vous inscrire à cet événement, veuillez remplir le formulaire en ligne :

Formulaire d’inscription


Les bienfaits du Guru Bum Tsok

Émanation unifiant en elle la sagesse connaissante de notre enseignant sans égal – le Seigneur des sages –, du parfait bouddha Amitābha ainsi que du Seigneur du monde qu’est le tout-puissant exalté Avalokiteśvara, le maître Padmasambhava est le second bouddha d’Oḍḍiyāna loué dans les écritures telles que celle du Filet Magique de Mañjuśrī.

Au lever du soleil, le dixième jour du mois et de l’année du singe, il s’est miraculeusement manifesté au sud-ouest du pays d’Oḍḍiyāna, dans le cœur d’un lotus sur une île du lac Sindhu, le « lac de lait ». Ayant ainsi pris naissance, il œuvra de manière inconcevable pour le bien des êtres à Oḍḍiyāna et dans de nombreuses régions, Tagzik, Gilgit, Baltistan, Ladakh, Cachemire, Inde, île de Laṅkā, Drāvida, Sumatra, Bengale, Népal, Bouthan, Kāmarūpa à l’est, Khotan, Chine, etc.

Puis, à un moment donné, lorsque ses altruistes prières d’aspiration antérieures arrivèrent à maturité, il accepta l’invitation de Trisong Detsen – le trente-huitième souverain de la dynastie tibétaine – et, en l’année eau-tigre (762), se rendit au pays des neiges, territoire le plus haut de notre planète qui a été loué dans les écritures du Victorieux comme étant le champ de conversion du sublime Avalokiteśvara. Là, sur les rives du Yarlung Tsangpo, l’abbé, le maître et le roi du Dharma se réunirent à Drakmar Ombutsel experts dans les méthodes habiles pour discipliner ceux qui doivent l’être, ils œuvrèrent si bien à travers les quatre sublimes moyens d’attraction et autres que tous les humains et non-humains entrèrent dans la sainte Doctrine, par la manière pacifique ou courroucée. Samye – l’inconcevable monastère immuable et spontanément établi – fut érigé selon trois styles et de nombreux enseignements des sūtras et tantras furent traduits après qu’un premier édit ait été publié pour le roi du Tibet et ses sujets. L’abbé et le maître mirent tous deux en place une communauté monastique initiée par les « sept hommes à l’essai » et établirent un collège d’étude et de méditation.

Le maître Padmasambhava se rendit miraculeusement dans le Tibet occidental, oriental et central. Que ce soit dans les montagnes neigeuses, les rochers ou les lacs, il pratiqua dans tous les lieux sacrés et les bénit. Afin que les enseignements des sūtras et tantras se diffusent largement dans le futur et, plus spécialement, afin que la puissance des bénédictions des mantras secrets ne disparaisse pas, après avoir concentré les instructions essentielles des tantras, il dissimula en tant que termas d’innombrables trésors spirituels tels que les « cent trésors pour soutenir la force vitale du roi » ou les « cinq grands trésors de l’Esprit ». Il prophétisa alors qu’ils seraient révélés dans le futur par de nombreux grands êtres de l’école ancienne et des écoles nouvelles qui apparaîtraient successivement et il transmit ces enseignements à chacun d’eux par mandat de l’esprit en accompagnant sa prophétie de prières d’aspiration. Dans les zones rocheuses de Samye Chimphu, de Shotö Tidro et d’ailleurs, il tourna la roue du Dharma des neuf Véhicules en transmettant notamment à ses disciples fortunés les enseignements des trois classes de tantras intérieurs tels que le Dzogchen Sangwa. En œuvrant ainsi, la lampe de la sainte Doctrine illumina la terre entière. Des accomplis des deux types de saṅgha ayant atteint la suprême réalisation, à commencer par les vingt-cinq disciples, roi et sujets, se manifestèrent sans interruption et cette lignée de transmission mêlant kamas et termas en un seul courant dans les instructions qui font mûrir et libèrent l’esprit, se développa pendant cinquante ans. C’est sur cette base que le système philosophique nyingmapa des anciennes traductions émergea et se diffusa au Tibet avec ses enseignements unissant sūtras et tantras qui embrassent la totalité de la Doctrine du Victorieux. Qui plus est, sur un plan général, le maître Padmasambhava – le second bouddha d’Oḍḍiyāna–, œuvre de manière inconcevable pour le bien des êtres dans le milliard de champs du système cosmique de Sahā et plus spécialement dans toutes les régions du Continent des Jambosiers, avec sa sagesse, son amour et sa capacité. En particulier, il embrasse dans sa compassion les disciples de notre époque marquée par les cinq dégénérescences rampantes et leur adresse avec force de profonds souhaits, ce qui a fait dire à Jamgön Mipam Rinpoché, une émanation de Mañjuśrī manifestée parmi les hommes :
Bien que la dégénérescence s’intensifie comme les ténèbres, l’activité de Padma, le seigneur des Victorieux, brille comme la lune. C’est pourquoi les bénédictions du précieux maître d’Oḍḍiyāna pénètrent l’esprit sauvage des êtres de ces temps dégénérés à la mesure des facteurs afflictifs qui se développent en eux.

Le précieux maître d’Oḍḍiyāna lui-même a dit :

Vous mes disciples qui souhaitez quitter le saṃsāra,
Adressez-moi continûment vos prières avec foi et dévotion.
Sur un ton affligé semblable à celui d’un enfant appelant ses parents au secours
Et mélodieux comme le son mélancolique du luth ou de la flûte,
Priez aux six veilles du jour et de la nuit !
Et il est écrit également dans un terma :
Méditez sur Padmasambhava
Avec un corps à la forme insubstantielle et lumineuse.
Générez alors la fierté de sa grandeur
Et récitez avec ferveur et sans interruption
Le mantra quintessentiel de Thötreng Tsal,
Comme un torrent dévalant des rochers.
Je ne pourrai moi-même faire autrement que de venir.
Lorsque vous dirigerez d’intenses prières
Vers moi, Padma d’Oḍḍiyāna,
Avec le respect né d’une forte dévotion
Et un intense sentiment de ferveur,
J’arriverai devant vous.

Comme le montrent ces mots, c’est avec dévotion que nous devons nous focaliser par l’esprit, le cœur et les tripes sur le précieux maître d’Oḍḍiyāna, sans nous contenter de prononcer de simples mots et nous devons mobiliser la foi et la vision pure avec le sentiment d’être en présence réelle d’un bouddha. Si nous prions avec concentration après avoir récité la Prière en sept vers et le Bendza Guru Mantra les bénédictions nous pénètreront rapidement, les obstacles liés aux seize formes de peurs telles que celle d’une mort avant l’heure seront dissipées alors que la longévité et les mérites s’accroîtront. Ultimement, nous rencontrerons le précieux maître d’Oḍḍiyāna, nous entendrons ses paroles et nous renaîtrons au couchant, en la Terre pure de félicité.

Tels sont certains des bienfaits inconcevables de cette pratique. En outre, on trouve ceci dans les « Bienfaits du Siddhi » du grand tertön Karma Lingpa :

Jadis, dans le glorieux [monastère de] Samye,
La dame Yeshe Tsogyal
Offrit au Seigneur d’Oḍḍiyāna
Le suprême maṇḍala extérieur, intérieur et secret.
Puis, elle se prosterna avec dévotion et s’adressa à lui :
« Dans le futur, les êtres auront l’esprit dispersé.
Incorrigibles, ils auront une vision gravement erronée de la Doctrine.
En particulier, ils seront nombreux à générer une vue fausse des profonds mantras secrets.
En ces temps-là, lorsque le Tibet sera affligé
Par les trois fléaux que sont la maladie, la guerre et la famine,
De nombreux rituels bénéfiques auront beau exister,
L’opportunité de les accomplir ne se présentera pas et les obstacles seront grands.
Les substances et instruments [pour ces rituels] ne pourront être réunis au complet
Et les êtres de ces temps mauvais vivront en désaccord.
[Aussi,] veuillez expliquer tous les bienfaits qu’il y aura
À accomplir, à ce moment-là, la pratique du maître que vous êtes ».
Le grand maître répondit :
« Pieuse femme, tu as raison.
En vue d’une telle époque future,
J’ai dissimulé de nombreux trésors bénéfiques
Mais à cause [du manque de] mérites des êtres,
Il sera très difficile de réunir les circonstances propices [pour leur révélation].
Cependant, en ce genre d’époque,
Si, dans les lieux sacrés, les grands monastères,
Au sommet des hautes montagnes ou au bord des fleuves,
Sur les sites miraculeux des dieux et des esprits,
Les tantristes préservant leurs samayas,
Les moines et moniales gardant leur discipline,
Les hommes pieux
Et les femmes de qualité
Récitent cent, mille, dix-mille, cent mille, dix millions de fois ou plus encore
Le mantra quintessentiel qu’est le Bendza Guru
Avec l’excellente motivation de l’esprit d’éveil,
Il en découlera d’inconcevable bienfaits.
Maladies, influences nocives, guerres, conflits,
Mauvaises récoltes, famines et manifestations illusoires seront pacifiés.
La pluie tombera au moment opportun
Et le pays connaîtra la bonne fortune, la vertu et l’excellence.
Dans cette vie, la suivante ou le bardo on verra en réalité ou, à défaut, dans les expériences spirituelles et les rêves, le visage du grand maître d’Oḍḍiyāna et on entendra alors ses profondes et mélodieuses paroles. Plus tard, à Ngayab Palri, on intègrera l’assemblée des vidyādharas masculins et féminins et on y pratiquera les mantras secrets. On franchira ainsi les Terres et les Voies pour atteindre le plein éveil. Qui récite cent fois sans interruption ce Bendza Guru quintessentiel, Sera apprécié par les autres
Et bénéficiera sans effort de nourritures, richesses et jouissances.
Qui le récite mille ou dix-mille fois
Submergera de sa splendeur les perceptions d’autrui
Et l’énergie des bénédictions ne connaîtra aucune entrave.
Qui le récite cent mille ou dix millions de fois,
Amènera les trois mondes sous son contrôle,
Subjuguera avec éclat les trois plans d’existence
Assujettira tous les dieux et esprits, sans exception.
Mènera sans obstacle les quatre activités éveillées
Et œuvrera de manière inconcevable pour le bien des êtres
En fonction de ses souhaits personnels.
Qui le récite trente millions ou soixante-dix millions de fois
Assujettira les huit classes de dieux et d’esprits
Sans jamais être séparé des bouddhas
Ni dissocié du Seigneur d’Oḍḍiyāna
Et toutes les tâches qu’il leur confiera seront accomplies.
Les meilleurs [pratiquants] réaliseront en cette vie le corps d’arc-en-ciel,
Les pratiquants intermédiaires embrasseront la Claire Lumière au moment de la mort
Et les moins bons se libèreront du saṃsāra dans le bardo.

Comme on le voit dans ces mots, le potentiel des bienfaits de cette pratique est inconcevable
et les décrire serait sans fin.


Voici l'article du jour :

Le refuge

Nous devons penser que nous allons écouter cet enseignement afin d’établir l’ensemble de tous les êtres en l’état parfait de Bouddha. Tous les êtres dont le nombre est aussi vaste que vaste est l’espace.
Quand nous parlons de l’esprit de l’éveil, cet esprit d’éveil est important et nous devons donc le développer. Quand nous parlons de développer l’esprit de l’éveil en notre esprit cela veut dire développer l’amour et la compassion. Sans cet amour et cette compassion, il est très difficile d’obtenir l’esprit d’éveil. C’est difficile de développer cet esprit d’éveil, cette compassion, car lorsque nous regardons quelqu’un souffrir, nous pensons à notre propre souffrance.

Nous n’aimons pas parler de la souffrance ou penser à la souffrance des autres êtres c’est difficile pour nous, c’est pourquoi la compassion n’est pas facile à développer. C’est en regardant la souffrance des autres que nous devrons développer la compassion. A partir du moment où nous avons de la compassion l’amour naît. Je pense plus particulièrement en l’état actuel des choses, qu’il nous est difficile de faire naître cette compassion.

Comme il n’est pas aisé pour nous de développer cet esprit d’éveil, dans le bouddhisme nous utilisons certains moyens pour le développer. Par exemple, nous allons recevoir des enseignements et réfléchir à la souffrance du monde des enfers qui est incommensurable, à la souffrance des esprits avides qui est extrême et à la souffrance des six classes d’êtres. Hélas ! Nous n’aimons pas généralement ce genre d’enseignement. Nous n’aimons pas les écouter et nous les laissons de côté, comme si nous mettions toute cette souffrance dans un petit paquet bien ficelé caché dans la poche d’un vêtement que nous mettons de côté. Si nous réfléchissons à cette souffrance l’amour et la compassion se développerons naturellement. C’est pourquoi il faut vraiment réfléchir à la souffrance pour que l’amour et la compassion naisse en nous, sinon cela ne se développera pas.

Peu importe le nombre d’enseignements que nous avons entendu, il est important de comprendre, de détenir la racine même des enseignements. Il ne suffit pas d’en avoir une compréhension. Si nous n’avons pas l’amour, la compassion, si nous n’avons pas cet esprit d’éveil, nous ne pourrons pas être séparés, du rejet et de l’aversion, nous ne pourrons pas les rejeter. Si nous ne regardons pas la souffrance des autres, nous ne pourrons pas développer de l’amour et de la compassion. Sans cela nous ne pourrons pas discipliner notre esprit.

Là il faut vraiment faire attention car si nous disons je n’ai qu’à rester dans l’état naturel [1] et rien d’autre, nous risquons de tomber dans le petit véhicule. Ce qui signifie ne penser qu’à son propre éveil. Atisha a dit ceci :

si une personne reste dans l’état naturel jour et nuit mais qu’elle n’a pas développé l’amour et la compassion, elle n’a aucun moyen de se libérer du samsara.

Nous pouvons nous-mêmes le reconnaître si nous nous sentons mal, nous saisissons ce mal-être et nous disons « je ne suis pas bien » : nous saisissons ce « je ». A cause de cela notre esprit est littéralement dans cette saisie très forte. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de détente. Il est vraiment nécessaire d’acquérir cette détente de l’esprit ainsi nous ne serons plus dans cette très forte saisie du « je ». Dans un premier temps il faut reconnaître que nous avons une saisie de l’ego, la saisie du « je ». Si nous ne reconnaissons pas cela, nous ne pouvons pas nous en séparer.

Comment pouvons nous avoir cette reconnaissance ? Quand nous nous disons « je suis bien », dans cet état nous avons une sensation de bien-être. Donc, il y a cette sensation. De temps en temps nous disons « j’ai faim » ou « je suis dans la difficulté », « je suis beau » ou encore « je ne suis plus beau parce que je vieillis ». Il y a toujours celui qui pense, il y a toujours, littéralement, celui qui est en train de penser. Il faut reconnaître la nature même de celui qui pense, de celui qui est en train de penser. Tant que nous ne reconnaissons pas la nature même de celui qui pense, peu importe notre érudition, peu importe le nombre de textes que nous récitons, peu importe le nombre de mantras, peu importe les méditations que nous effectuons : il n’y a absolument aucun bienfait. Peu importe le temps que nous restons auprès d’un grand Lama, peu importe le nombre d’initiations que nous pouvons recevoir, si nous ne reconnaissons pas cela, il n’y a absolument aucun bienfait. Bien au contraire, il y a le danger de tomber dans l’orgueil. Patrul Rinpoché a dit ceci

Si un individu passe neuf ans en retraite sans avoir la reconnaissance de la nature même de celui qui saisit, de celui qui pense, cela ne lui sera absolument d’aucun bienfait.

La reconnaissance ne peut pas être immédiate. Quoique nous fassions, que nous marchions, que nous mangions, peu importe l’état dans lequel nous nous trouvons, il nous suffit juste d’examiner notre esprit pour en reconnaître sa nature même. C’est en entraînant l’esprit que nous pourrons en connaître sa nature. Et c’est bien cela qui est dit. C’est en entraînant notre esprit, finalement nous pourrons en reconnaître sa nature. Tant que nous ne voyons pas la nature de l’esprit nous sommes dans cet état de non connaissance, cet état d’ignorance. Quand nous en reconnaissons sa nature, c’est cela l’état de Rigpa. Tant que nous sommes dans l’état de non-reconnaissance, dans l’état d’ignorance, tout ce que nous faisons, même pratiquer, n’est que mensonges.

Par exemple, je ne sais pas nager [2]. Même si je regarde quelqu’un qui sait bien nager et que j’essaye de faire de même, il me sera difficile de faire exactement pareil. C’est cela l’ignorance. Puisque je ne sais pas nager, même si je vais regarde exactement comment fait la personne et que j’essaye de reproduire ses mouvements, naturellement je ne pourrais pas nager. C’est vraiment cela l’ignorance. De même, si un bon nageur va dans l’eau se disant je vais faire exactement comme la personne qui ne sait pas nager, c’est une tromperie, cette nage est fausse, c’est faire semblant. Si par exemple, dans le futur j’apprends à nager, que je vais dans l’eau et que je reproduis exactement ce que je faisais quand je ne savais pas nager, des mouvement désordonnés, comme ça, ce sera encore une tromperie, ce que je ferai ne sera pas véritablement de la nage.

C’est pourquoi dans l’état de non reconnaissance, dans l’état d’ignorance, si nous nous disons j’obtiens l’état de Rigpa, la connaissance, à ce moment là, nous créons cet état de connaissance et c’est un mensonge. Quand nous réalisons l’état de Rigpa, cet état de connaissance, se dire je suis dans l’ignorance, là ça ne marche pas non plus. C’est pourquoi quand nous disons que les cinq émotions perturbatrices se transforment en les cinq sagesse, elles deviennent les cinq sagesses.

Que signifie exactement se transformer ? Par exemple l’eau froide lorsqu’elle est chauffée devient chaude, donc elle se transforme. C’est toujours de l’eau, de l’eau froide qui devient chaude. Quand l’eau froide devient chaude, on ne peut pas trouver le froid, cela n’est plus, il ne reste que l’eau chaude. Il en est ainsi de la connaissance et de la non-connaissance que l’on traduit aussi par l’ignorance. Une pièce dans maison totalement obscure, représente l’ignorance. A partir du moment où il y a de la lumière où est passée l’obscurité ? Elle est nulle part, il en est de même pour l’ignorance ou la connaissance. Il en est de même lorsque nous sommes honteux, ou dans la tension ou dans la peur. Quel moyen aurons nous pour dissiper ces états ? Ce moyen, c’est le refuge.

Qu’est ce que le refuge ? C’est la reconnaissance de la nature de l’esprit. Lorsque nous parlons de reconnaissance cela signifie reconnaître celui qui a peur. Si nous reconnaissons celui qui a peur, c’est cela le refuge. C’est cela le refuge ultime. Afin d’obtenir ce refuge ultime nous allons en tant que débutant prendre le refuge extérieur, puis le refuge intermédiaire et ensuite prendre le refuge secret. Ces refuges sont présents de manière progressive.

Quand nous reconnaissons celui qui a peur, quand nous examinons notre esprit pour reconnaître celui qui a peur, nous prenons la peur comme support. A ce moment là nous utilisons la peur pour suivre le chemin. Mais si nous n’examinons pas cette peur et celui qui a peur et que nous ne reconnaissons pas la nature de celui qui a peur, alors, nous tombons sous l’emprise de la peur. Le chemin ne peut pas être un bon chemin.

Nous pouvons prendre cet exemple pour toute activité que nous effectuons. Quand nous sommes dans le bien-être nous devons examiner la nature même de celui qui est dans ce bien-être. Quand nous sommes dans la souffrance nous devons examiner la nature même de celui qui souffre. Quand nous sommes dans l’érudition, nous allons examiner celui qui est dans l’érudition. Quelque soit l’activité que nous avons, nous pouvons l’utiliser pour reconnaître la nature même de celui qui est dans cette activité.

Chaque activité recèle une énergie particulière, une capacité particulière. Prenons l’exemple des plantes médicinales ou vénéneuse. Ces plantes recèlent des énergies particulières. Si nous savons comment utiliser les plantes vénéneuses, nous pourrons avoir des médicaments très puissants. De même selon la manière dont nous utiliserons l’énergie de la plante médicinale, elle peut devenir un poison puissant.

Drotenpa, un disciple d’Atisha, avait lui-même un disciple. A cette époque-là il vivait dans une ville près d’un marché.

Il dit un jour à son disciple : je vais m’en aller. Le disciple lui demanda pourquoi il voulait s’en aller. Il répondit : si les gens disaient de moi que je suis bien, j’aurais de quoi travailler, si les gens disaient de moi que je ne suis pas bien, là encore j’aurais de quoi travailler. Cela me serait bénéfique qu’ils me disent que je suis bon ou mauvais. Mais qu’ils disent rien de moi ne m’est d’aucune aide. C’est pourquoi maintenant je vais partir.

Quand quelqu’un nous dit : tu es vraiment quelqu’un de bien ! Nous saisissons cela et nous ne pouvons pas entraîner notre esprit sur ce qui vient d’être dit. De même si quelqu’un nous dit que nous sommes mauvais nous avons immédiatement de la colère et nous n’avons pas la possibilité à nouveau d’entraîner notre esprit. Quoiqu’il en soit nous ne sommes pas capables de nous entraîner sur ce que nous entendons ou avons entendu, sur quoi que ce soit de bien ou de mal. Nous devons savoir comment utiliser certaines paroles.

Quand quelqu’un nous dit : tu es bien, nous avons une grande clarté à l’esprit, il y a une joie dans l’esprit. Nous devons reconnaître cette joie. De même si quelqu’un nous dit que nous sommes mauvais, à l’instant même, très rapidement nous pouvons observer qu’il y a de la colère en notre esprit. Là nous devons reconnaître la nature même de cette colère. Quand nous ne reconnaissons pas la clarté de cette joie, lorsque quelqu’un nous dit que nous sommes bien, à ce moment là nous nous attachons à cette joie, à ces paroles. Nous n’avons alors pas d’entraînement de l’esprit, nous sommes pris par cette saisie, cet attachement. De même lorsque l’on nous dit que nous sommes mauvais, si nous ne reconnaissons pas la clarté même de cet état nous sommes pris par la colère et nous ne pouvons pas entraîner notre esprit qui se trouve dans cet état de colère. Cela n’est d’aucun bienfait. Dans le bouddhisme, quoi que nous puissions entendre, que nous puissions lire comme textes au niveau des soutras ou des tantras, tous ces textes, ces paroles du Bouddha sont là afin de nous permettre d’avoir cette reconnaissance.

Nous en sommes actuellement au Refuge, nous l’avons un peu mis de côté, maintenant nous y sommes à nouveau. La dernière fois dans le refuge nous avons dit que l’ensemble de toutes les feuilles de l’arbre de refuge allait pénétrer toutes les directions de l’espace. De plus, nous avons parlé la dernière fois de l’état de chiné, la pacification de l’esprit ; et qu’en étant dans cet état, l’esprit de l’éveil pouvait naître en nous. Que l’esprit d’éveil était l’arbre qui comblait tous les désirs. Cet arbre à cinq branches représente les cinq sagesses. Doté de l’esprit d’éveil l’arbre de refuge est doté des cinq sagesses : c’est pour cela que cet arbre est rempli de feuilles et de fruits excellents. L’arbre possède l’esprit éveillé bénéfique à l’ensemble de tous les êtres. C’est pour cela que les feuillages et les fruits de cet arbre de refuge sont excellents.

Sur la branche centrale de l’arbre de refuge se trouve un trône précieux supporté au quatre coins par huit lions. Si nous sommes doté de cet esprit d’éveil notre esprit est courageux. Les lions symbolisent un tel esprit courageux. Le lion n’a pas peur, il est très fort, très puissant. Une fois que nous avons fait naître en nous cet esprit d’éveil, nous n’avons plus peur d’être bénéfique et d’avoir toutes sortes d’activités pour l’ensemble des autres êtres. Nous n’avons plus peur de reconnaître la vacuité de notre esprit. Nous ne craignons plus de supporter toutes sortes de difficultés. Ce trône n’est rien d’autre que l’esprit de l’éveil sur ce trône se trouve la cause de la mère, du père d’où émerge cet esprit d’éveil. Le tiglé du père et le tiglé de la mère sont représentés par le disque de soleil et le disque de lune et c’est de ces deux tiglés qu’émerge la nature même de l’esprit. Sur le support du soleil et de la lune apparaît l’esprit de l’éveil. L’essence de l’esprit d’éveil est insurpassable, c’est le Lama. Le Lama est insurpassable, insurpassable est le Lama.

L’essence même de l’ensemble des Bouddhas des trois temps n’est rien d’autre que Rigpa, la connaissance. Rigpa, la connaissance, est inqualifiable. Rigpa étant insurpassable, aucun exemple ne peut définir cette connaissance. Le terme Lanamépa signifie insurpassable, c’est le sens du mot Lama. Cette compassion est infinie, Rigpa cette connaissance n’a pas de fin elle est aussi infinie. C’est en cela qu’il faut prendre refuge.

Pour les débutants nous allons dire ceci : vous allez méditer l’arbre qui comble tous les souhaits. A milieu de la branche central va se trouver un trône précieux porté par des lions. Sur ce trône précieux sont placés un disque de soleil et un disque de lune. Sur ces disques se trouve notre Lama racine qui a un visage deux bras, deux jambes, sous l’aspect de Guru Rinpoché. Nous pouvons méditer ainsi. En visualisant Guru Rinpoché avec un visage, deux bras, de couleur blanc, entouré d’une aura rouge, si nous le prenons comme support, nous allons développer de la foi. Cette foi signifie confiance. En méditant ainsi, nous allons pouvoir recevoir toute la bénédiction et la grâce de Guru Rinpoché. Grâce à toutes ces bénédictions nous pourrons reconnaître Rigpa, avoir la reconnaissance de Rigpa, de cette connaissance.